l\'indigné

Pourquoi parler de la " crise(s)"?

 

Cher lecteurs/ lectrices

 

Le cercle vicieux ou la chute tendanciel des profits selon Marx

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises

 

Pour Marx, le capitalisme conduit à des contradictions ("exploitation de l'homme par l'homme"):

  • concentration des richesses sur une classe de la société et misère pour l'autre ;
  • accroissement continu de la rentabilité par le progrès technique ,
  • surpopulation de travailleurs, engendrant le chômage ;
  • augmentation de la production sans augmentation de la consommation provoquant des crises cycliques de surproduction.

 

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

L’énième sommet européen vient de se terminer révélant d’avantage : L'industrie de la finance n'est plus une perversion du système, elle est le système, Comprendre le capitalisme japonais -La situation est désespérée ! - Saltabank, Est ce la crise de la finance, de la dette ou du capitalisme? - Altermonde, L’interview de Mario Draghi - Alterfinance, L’interview de Mario Draghi - l'indigné, Spéculation sur le taux LIBOR - citoyenactif

 

 

17 régions autonomes d' Espagne en dangers – citizenkhane, Dette : taux record de l'Espagne, l'Allemagne se tend un peu après Moody's - AFP, boursorama , IG Markets s'interroge sur la solvabilité des Etats européens : Zone euro : Paris et Londres "préoccupés", il y a "urgence", France : chute du tiers des crédits immobiliers accordés au 1er semestre, France : le climat continue de se dégrader dans le bâtiment, Moody's cueille la zone euro à froid et met Berlin dans l'embarras : afp

 

Entretien avec Daniel Bensaid autour de son livre "Marx, mode d’emploi

Dans les années 80, en pleine offensive néolibérale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement : "Marx est mort." Mais les spectres ont la peau dure. Et Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre. Même le très libéral conseiller de l’Elysée, Alain Minc, s’est déclaré un jour "marxiste" - sans rire - en matière d’analyse économique. Mais qui fut Marx ? Qu’a-t-il vraiment dit ?
Première diffusion le 19 mai 2009. Réécouter, Karl Marx, semer des dragons ! (2) - www.la-bas.org

 

La théorie du capital humain, Karl MARX (1818 – 1883) ( format PDF) Le capital de Marx expliqué 

 

 

 

l'émission France Culture - (ré)écouter - France Culture : Quel travail voulons-nous ? Réponse de plusieurs intervenants de France culture, qui analyse le questionnaire renvoyé par 6000 travailleurs : Une analyse passionnante! 

 

 Les contradictions de la mondialisation: et si Marx avait raison (1)

Aux confluents des sciences humaines, la figure de Karl Marx est incontournable, en philosophie, en sociologie, en économie politique ou en histoire. Dans ce XIXème siècle imprégné du rationalisme des Lumières, il tente d’élaborer une théorie qui se base sur des faits, décrivant l’organi­sation sociale et l’évolution de la société. En analysant le capita­lisme régnant à son époque, il en démonte les contradictions des oppositions entre forces produc­tives et rapports de production, la lutte des classes… Il en conclut que ne saurait durer un système aussi intenable. Il prône la fin du capitalisme et son remplacement «intermédiaire» par le socialisme, avant l’avène­ment d’un commu­nisme, destin ultime d’une communauté. L’auteur se propose d’évoquer, dans  plusieurs parties, Marx et les concepts marxistes, puis, les contradictions de la mondialisation vues sous l’angle des concepts marxistes

 

Marx explique donc la répartition du capital et l'exploitation des travailleurs, mais il lui reste à expliquer la contradiction fondamentale du capitalisme qui conduit à l'apparition récurrente de crises.

 

Il l'explique par le concept de baisse tendancielle du taux de profit. Marx considère que les capitalistes sont tentés d'accroître leurs capacités de production par des innovations technologiques pour obtenir un avantage temporaire sur leurs concurrents, appelé plus-value relative. Il s'ensuit qu'ils substituent des machines à la main d'œuvre, autrement dit ils substituent du capital constant c à du capital variable v, ce qui a pour conséquence d'augmenter l'intensité capitalistique de la composition organique du capital (proportion de c et v dans le capital). Comme la plus-value est donnée par l'utilisation de travail direct, et que le taux de profit est pl / (c + v), il vient une baisse tendancielle du taux de profit qui provoque des crises.

 

 

Cependant, Marx dit qu'il existe des contre-tendances à cette baisse. Les capitalistes tentent de la compenser en accroissant leur débouchés (impérialisme), ou en augmentant le taux de plus-value (qui est le taux d'exploitation pl / v, donc en baissant les salaires par exemple), et on pourrait envisager un état stationnaire, mais le problème est que la substitution du travail par le capital engendre de plus en plus de chômage, une armée de réserve de travailleurs, ce qui conduit inexorablement la société vers des conflits sociaux.

 

À terme donc, le capitalisme croule sous le poids de ses contradictions, c'est l'état de crise permanent, qui ne peut être évité que temporairement par l'expansion économique à des marchés vierges, ou par l'emballement de la croissance technologique.

 

 

La mise en œuvre sérieuse de mesures pour réduire la dette pourrait déclencher une nouvelle crise économique mondiale et la situation deviendrait rapidement... désespérée. Même les pays dits " surs" par le système néolibérale :Allemagne, Suisse, Suede sont aussi menacées, pendant que la spéculation continue sur les taux.. Ce n'est pas seulement la crise de la dette, de la finance, de l'Europe, mais du système capitaliste globalisé. Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien Devrait on dire maintenant pour tout les pays occidentaux, "Le Grand Bond en arrière, Dans « La crise » économique a effacé « vingt ans de progrès » , Et si Karl Marx avait raison ?  - Citoyenactif, Argentine : dix ans de currency board

 

 

 Gouvernance financière - Wikipédia : La gouvernance financière est l’ensemble des processus, règles, normes, valeurs et institutions grâce auxquels les différents acteurs (organismes publics locaux, d’État et internationaux, entreprises, mouvements sociaux et citoyens, entre autres) gèrent les finances, c’est-à-dire les systèmes et les marchés financiers sur tous les territoires, aussi bien à l’échelle mondiale que locale. S’enrichissant d’éléments divers, la gouvernance financière présente une « architecture » ou « une cartographie », c’est-à-dire un modèle formel plus ou moins structuré, dans lequel ces éléments et les relations qui s’établissent entre eux trouvent leur place

 

Le rôle des finances dans l’économie (à l’échelle mondiale, nationale et locale) : Globalisation des finances, Crise financière et agenda global, Libéralisation financière, Échelle nationale et gouvernance financière, Gouvernance financière locale

 

Les caractéristiques du système financier : Financiarisation » (économique) , « Financiarisation » de mentalités , Externalisation du risque , « Extraterritorialité » , Flux de capitaux et explosion des transactions financières , Rôle croissant des régulations bancaires , Marchés et gouvernements , Élaboration de mécanismes de bénéfice à court terme 

 

Les critiques adressées à la gouvernance actuelle des institutions financières : Inadaptation aux changements historiques, Remèdes inefficaces, contre-productifs et sélectifs, Contrôle de l’économie mondiale au profit d’un petit nombre, Déficit démocratique et de transparence, Complexité, Limitations institutionnelles, Manquement au droit international

 

Les financiers au coin du bois
Le mercredi 11 avril 2012

 

S’il est élu Monsieur Hollande n’ira sans doute pas au Fouquet’s, mais le Fouquet’s viendra à lui. Pas pour rire mais pour lui donner sa feuille de route : le Pacte Budgétaire, c’est à dire "la rigueur", la flexibilité du marché du travail, le refinancement des retraites, le dégraissage dans la fonction publique, la "modération" des salaires etc.

Tout ça au nom de la Crise et de la dette publique. Certes, Monsieur Hollande a dit qu’il renégocierait ce traité. Certes, certes... mais quelques uns ont des doutes. Ils sont dans notre émission d’aujourd’hui qui commence avec un prédicateur du Marché, un vrai !

Reportage de François Ruffin.

 

  Ava Carrère : "Valse triste"

Yvon Etienne : "L’actionnaire"

ZEP : "Pas de baratin"

 

Aller plus loin : Reporterre.net

 

La Finance imaginaire
 

"La finance, mon adversaire n'a pas de visage et elle ne se présente pas aux élections". Pour le chercheur Geoffrey Geuens, cette phrase prononcée par François Hollande lors de son meeting du Bourget est emblématique du discours politique dominant qui oppose marché financier et Etat, deux entités sans chair et sans visage.

Or, a travers une longue recherche, il montre la proximité sociologique entre monde économique et monde politique en une même oligarchie qui a réussi à imposer de faux antagonismes. Oui, la finance a un visage, oui l'Etat a un visage et c'est souvent le même !

Entretien Daniel Mermet avec Geoffrey Geuens.


Programmation musicale :

Illustration : Winsor Mc Cay

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Bonus Cappés Last Minute

Les Certificats Bonus Cappés Last Minute permettent de se positionner sur un actif sous-jacent (une action ou un indice) et de bénéficier d'une performance potentielle attractive (le "Niveau Bonus") si, à l'échéance, le cours du sous-jacent clôture au-dessus de la Borne Bassedu Certificat.
En cas de forte hausse du sous-jacent à l'échéance, la performance du Certificat Bonus Cappé Last Minute est plafonnée à hauteur du Niveau Bonus.
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Constat :

 

 

Or, il est impossible de séparer le bon capitalisme productif du mauvais capitalisme financier. Il n’existe pas d’un côté une économie qui produit des richesses et de l’autre une économie virtuelle, une finance parasitaire; il s’agit des deux faces d’une même réalité. Depuis le début de l’économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c’est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation.

 

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations :la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à

emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction

 

Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée ( …)

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris



26/07/2012
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